Rencontres des acteurs économiques d'Occitanie : ce que nous avons retenu
Le 1er juillet, nous avons eu la chance d'être invités aux Rencontres des acteurs économiques, un événement organisé par la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée à l'initiative de Carole Delga, Présidente du Conseil régional. Une soirée riche et utile.

Un événement au cœur des dynamiques régionales
La soirée a donné la parole aux entrepreneurs de la région. Pas pour écouter des discours, mais pour échanger directement avec des économistes et des journalistes, poser des questions, et partager ce qu'ils vivent sur le terrain.
Le grand débat était animé par Hubert Vialatte, avec Dominique Seux (Les Échos / France Inter) et Thomas Porcher (Paris School of Business) à Montpellier, et Philippe Aghion, prix Nobel d'économie 2025, en direct depuis Toulouse. Un format qui a laissé beaucoup de place aux voix locales et c'est ce qui l'a rendu utile.

Ce que les chiffres disent du territoire
L'Occitanie n'est pas une région qui subit. C'est une région qui crée — et qui doit continuer à le faire à un rythme soutenu. Carole Delga
25 000 emplois doivent être créés cette année pour simplement maintenir le taux de chômage à son niveau actuel. Pas pour le faire baisser : pour ne pas qu'il monte. C'est le seuil plancher d'une région dont la population ne cesse de croître.
L'Occitanie est déjà la première région française en termes de créations d'entreprises.
C'est un signal fort. Mais la création seule ne suffit pas. Le défi est aussi d'accompagner les entreprises déjà implantées dans leur développement et leur innovation.

Le moment qui nous a le plus interpellés : un dirigeant face à l'IA
Parmi les prises de parole de la soirée, l'une d'elles a capté toute notre attention. Un dirigeant d'une société d'ingénierie a pris la parole pour partager son ressenti et son expérience face à l'IA.
Son témoignage peut se résumer en trois temps.
D'abord, la phase euphorique. Ses informaticiens ont développé eux-mêmes quatre ou cinq applications basées sur l'IA. Résultat : entre 10 et 50 fois plus vite sur certaines tâches.
Ensuite, le malaise. Derrière la performance, une question s'impose. Si les outils font le travail dix fois plus vite, embauche-t-on encore autant ?
Enfin, la peur de la dépendance. Et c'est là où l'intervention prend une autre dimension. Il parle des blocs américains et chinois, de la capacité de ces puissances à couper l'accès aux plateformes du jour au lendemain — il cite l'exemple de Fable 5 interdit par le gouvernement américain.
Sa question n'est pas rhétorique : "Quand est-ce qu'on va nous couper le robinet ? Est-ce qu'on va assister à un match États-Unis / Chine en comptant les points pendant que notre compétitivité s'effondre ?"
Carole Delga lui a répondu de façon nette : "l'Europe doit accélérer, parce que le risque de perte de souveraineté numérique est réel."

Ce que ça change pour nous
Ces Rencontres ne nous ont pas appris que l'économie régionale existe. Nous le savions.
Ce qu'elles nous ont confirmé, c'est que les questions sur la dépendance, la formations des équipes sans les remplacer, la capacité de jugement, ne sont plus des questions de spécialistes.
Ce sont désormais les questions que se posent beaucoup de dirigeants.
L'IA n'est pas une réponse universelle. Mais elle est déjà une réalité pour beaucoup d'entreprises d'Occitanie. Notre rôle, c'est d'accompagner celles et ceux qui veulent évoluer avec elle — en comprenant ce qu'ils intègrent, pourquoi, et à quelles conditions.
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